Ecoute et Médiation

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  • J’ai réussi mais ce n’est pas ma faute, promis !

    J’ai réussi mais ce n’est pas ma faute, promis !

    J’ai réussi mais c’est parce qu’ils me croient tous plus doué que je ne suis, parce que j’ai rencontré les bonnes personnes, parce que j’ai beaucoup de chance, parce que le timing a joué en ma faveur, parce qu’ils ne se sont pas encore rendu compte que je suis une fraude ambulante…Bon d’accord c’est un peu mais vraiment un tout petit peu grâce à moi !

    Combien de personnes ont cette capacité à systématiquement attribuer leurs mérites à des conditions externes ? Cela ne vous est jamais arrivé ? Vous devez bien connaître quelqu’un comme ça !?

    Parce que franchement, vous croyez, que dans notre monde, si vous avez des années d’expérience, tant de personnes, supérieures et subordonnées, vous auront laissé réaliser ce que vous avez à faire en toute confiance, vous permettant parfois de prendre votre place dans la hiérarchie juste en pensant que vous êtes un imposteur ?

    Nous vivons dans une société où la fierté de soi est encore tabou tout simplement parce que la fierté est confondue avec l’égo. L’authentique fierté serait de s’accepter pleinement tel que l’on est et non tel que l’on se voudrait.

    En effet, ce décalage entre la valeur que l’on se donne et l’exigence, souvent très haute, que l’on a vis-à-vis de soi-même s’appelle le syndrome de l’imposteur. C’est un pur problème de confiance et d’estime de soi.

    Cette expérience d’imposture est une forme courante de dévalorisation profonde qui va faucher aussi bien les femmes que les hommes et qui va renforcer la croyance de ne jamais être à la hauteur au prix de maintes effets vicieux tels que le stress, l’anxiété, le sentiment de honte, la difficulté de demander de l’aide, un sentiment d’infériorité dominant, une difficulté à accueillir des compliments ou des gentillesses, une sur estimation de la valeur et de la compétence des autres.

    Il y aura 2 stratégies pour « l’imposteur » pour dissimuler ce qui est vu comme étant la vérité :

    • En faire toujours plus : il faut bien compenser ce manque de compétences ;
    • En faire toujours moins : il faut justifier l’échec !

    Être optimiste c’est un vrai défi, un vrai apprentissage DE SOI. Vous êtes perfectionniste, acceptez-le, ne luttez pas contre mais acceptez de le minimiser.

    Appuyez vous sur le regard de l’autre, son vrai regard et poser un regard bienveillant sur vous-même.

    Regardez tout ce que vous avez accompli et reconnaissez tout cela !

    Ne vous comparez, vous êtes un être unique.

    Oubliez le super man ou la wonder woman qui est en vous pour être vous, avec vos qualités, vos talents mais aussi vos faiblesses !

    CM

     

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  • LE TRIANGLE DRAMATIQUE : E=MC² de la gestion des conflits

    LE TRIANGLE DRAMATIQUE : E=MC² de la gestion des conflits

    Mon mari boit beaucoup, j’essaie de le sauver en vain, je suis épuisée ...Mon épouse se plaint sans cesse, j’ai essayé de l’aider ; depuis elle me reproche sans cesse de ne pas assez l’aider et moi je ne n’arrête pas de lui reprocher de râler…

    C’est un cercle vicieux ! Et bien non ! C’est un triangle dramatique !

    Le triangle dramatique ou triangle de Karpman met en évidence un scenario relationnel caractéristique entre victime, persécuteur et sauveur. Stephen Karpman est un médecin psychiatre américain, grande figure de l’analyse transactionnelle. Sa théorie du triangle dramatique sur les relations dysfonctionnelles, manipulatoires et les jeux psychologiques a été qualifiée de l’E=MC² de la gestion des conflits. Pour ma part, je préfère dire que c’est un triangle entre victime, bourreau et messie soit VBM qui peut donner à la vie cette coloration de VDM qui peut tant lasser !

    En effet, ces trois comportements entraînent des relations difficiles avec l’autre : le messie aide la victime, sans que celle-ci n’ait rien demandé ou pire encore contre son gré. La victime, elle se fait plus faible qu’elle ne l’est réellement ou revendique sans cesse en rabâchant ses problèmes. Quant au bourreau, il repère les failles de la victime et la diminue sans cesse.

    Lorsque le triangle est en place, les individus peuvent passer d’un rôle à l’autre avec évidemment beaucoup de souffrance. Le triangle dramatique fait référence à des acteurs qui recherchent des rôles de façon régulière et existentielle même si ce n’est pas forcément de manière consciente.

    Le triangle dramatique est à rapprocher des 4 mythes d’Eric Berne, père de l’analyse transactionnelle :

    1. J’ai le pouvoir de rendre les autres heureux (messie en recherche d’une victime) ;
    2. Les autres ont le pouvoir de me rendre heureux (victime en attente d’un messie) ;
    3. J’ai le pouvoir de rendre les autres malheureux (bourreau en recherche d’une victime) ;
    4. Les autres ont le pouvoir de me rendre malheureux (victime en attente d’un bourreau).

    En réalité le triangle permet à chacun de faire des réserves de reconnaissance interactive et existentielle. Ceci permet à chacun de trouver un but à sa vie et de vivre ! Se cacher, même inconsciemment, dans un de ces rôles peut permettre d’obtenir quelque chose de l’autre.

    Connaître les principes de ce triangle permet de ne pas entrer dans ce schéma et d’en sortir plus facilement. Nous ne pouvons pas nous empêcher de communiquer quoiqu’il en soit et nous sommes alors des émetteurs et des récepteurs d’informations. Nous avons chacun nos propres expériences et nos propres ressentis, ce qui fait que nous n’aurons pas tous la même perception d’une information.

    Une communication correcte et équitable ne sera possible que lorsque ces 3 acteurs exprimeront des intentions et des émotions réelles. Chacun doit exprimer clairement ce qu’il souhaite ou refuse. L’interlocuteur devra faire l’effort d’accepter ou de refuser ce qui lui a été expliqué. En laissant l’autre libre de ses choix, l’interlocuteur n’est plus dépendant du résultat. Il se focalise sur la qualité de la relation. Et la qualité de la relation dépend de la négociation entre partenaires dont le but est d’aboutir à une solution gagnant/gagnant.

    Cécile Moreau

  • Test de Gordon

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    Contactez moi pour obtenir des résultats concrets de votre test de Gordon.

  • Assertivité ! Assertivité ! Est-ce que j’ai une gueule d’assertivité ?

    Assertivité ! Assertivité ! Est-ce que j’ai une gueule d’assertivité ? 

    L’assertivité, voilà un mot nouveau qui peut paraître compliqué ! Mais qu’est ce qui peut bien se cacher derrière ce mot inconnu même de l’Académie française ?

    En réalité derrière ce terme, qui pourrait paraître barbare, se cache quelque chose de très simple comme ce qu’il veut exprimer.

    Il s’agit de la capacité d’exprimer ses sentiments et d’affirmer ses droits, de manière claire et directe, tout en respectant les sentiments et les droits de l’autre, de son interlocuteur. C’est le fait pour une personne de défendre ses droits personnels mais aussi d’exprimer ses pensées, ses sentiments et convictions de façon directe, honnête, ferme et appropriée tout en respectant les pensées, sentiments et convictions des personnes qui nous font face.

    Selon le niveau d’assertivité, les niveaux et fréquences des conflits interpersonnels varient et se dirigent plutôt vers une réduction importante des tensions.

    Être ou devenir assertif permet de conduire nos actions dans nos meilleurs intérêts, de nous défendre sans aucune inquiétude injustifiée, d’exprimer des sentiments honnêtes et de réclamer le respect de ses droits sans nier les droits d’autrui.

    Cela revient à savoir dire NON ou OUI quand nous estimons qu’il faut le dire. Et le faire de façon ferme tout en en assumant les conséquences.

    L’assertivité n’est ni de l’agressivité ni de la passivité. Une personne agressive a pour habitude de rabaisser et humilier les autres s'en prenant directement à la personne (pas seulement au comportement). Une personne agressive ne respecte pas le droit des autres et aime leur faire sentir qu'ils sont inférieurs. Ce qu’elle veut c’est gagner au détriment de l’autre, le point de vue de l’autre n’ayant aucune importance. Cette situation est génératrice de conflit !

    Quant à la personne passive, elle n’exprime pas ses besoins et souhaite juste « avoir la paix ». Est-ce bien mieux ?

    L’assertivité apporte de l’équilibre dans la vie, dans le rapport aux autres. QUE L’AUTRE SOIT SON CONJOINT, SON AMI, SON COLLEGUE, SON SUPERIEUR…

    C’est le psychologue américain Andrew Salter qui a mis en lumière le concept d’assertivité en le définissant comme consistant à « exprimer et défendre ses droits sans empiéter sur ceux des autres ».

    Pour être assertif, il faut, avant tout, être clair sur le message que l’on souhaite faire passer. Il faut aussi écouter et rassurer son interlocuteur. Partant du principe qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, il faut être prêt à le faire ! Mais surtout il faut rester attentif à ses émotions et celles de son interlocuteur. Il faut à n’importe quel prix éviter de le blâmer avec des « tu, tu, tu » incessants.

    Ce n’est pas si simple me direz-vous ! Tout d’abord restez maître de vous-même, s’il le faut respirez. Pas de précipitation ! Puis demandez-vous ce que vous observez OBJECTIVEMENT ? Qu’est ce que vous ressentez en vous (de la colère, de la peur, de la tristesse) ? Quels sont vos besoins (d’être rassuré, d’être consolé) ?

    Ensuite après ce temps de côté qui vous a préparé à répondre vous pouvez reformuler les propos de votre interlocuteur pour obtenir des propos plus mesurés. Surtout utilisez des phrases à la 1re personne « JE » et argumentez calmement. Oubliez le « VOUS AVEZ TORT » qui incrimine votre interlocuteur.

    Vous pouvez également prendre le temps du silence pour prendre du recul sur les propos émis et prendre à nouveau la parole sereinement.

    Pour évaluer votre capacité à être assertif, il existe le test de Gordon en 60 questions. Ce test vous permet de définir votre tendance relationnelle :

    • La fuite : se replier pour éviter tout conflit ;
    • L’attaque : instaurer un rapport de force dominant/dominé ;
    • La manipulation : utiliser des moyens fallacieux (intimidation, culpabilisation, flaterie) pour arriver à ses fins ;
    • L’assertivité : instaurer et préserver la relation.

    Cécile Moreau

  • Mise en lumière du roman la médiation d'Adèle de Claire Bonnelle

    Claire Bonnelle est médiatrice et formatrice formée au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) de Paris.

    Elle travaille depuis 2005 dans un service de la Drôme pour des médiations familiales judiciaires ou conventionnelles.

    Elle a déjà écrit, en 2016, un ouvrage clef sur la médiation La dynamique du conflit au cœur de la pratique d’une médiatrice familiale.

    Elle est sensibilisée sur les questions environnementales et a écrit plusieurs ouvrages sur les plantes et les paysages du Vercors.

    Dans la médiation d’Adèle (Erès 2019), Claire Bonnelle déroule habilement ce qu’un travail de médiation peut amener sur la qualité de la relation d’un couple, déchiré sur la garde de leurs 2 enfants, en plein milieu d’un processus de séparation.

    Je parle bien de processus de séparation car dans cette histoire Myriam et Olivier sont déjà en instance de divorce devant le juge aux affaires familiales. C’est d’ailleurs ce juge qui les invite à rencontrer Adèle, une médiatrice.

    Au commencement de la lecture, il serait facile de se dire que Myriam qui récolte des plantes médicinales et Olivier qui construit des maisons écologiques, qui ont quitté la ville, qui consomment le moins possible et au plus près de la nature, qui acceptent la médiation ne sont qu’un cliché, une caricature d’un couple écolo, doux rêveur, rêvant d’une autre société et que par conséquent, c’est la raison pour laquelle ils acceptent cette médiation.

    Un(e) jeune citadin(e), cadre dynamique, geek ou adorant la vie en ville ne s’y reconnaîtra peut-être pas forcément. Mais à la réflexion c’est le monde de Claire Bonnelle. C’est juste un exemple de vie.

    On se laisse gagner au fil des chapitres, des jours par les rendez-vous avec la médiatrice, par les changements que cela insuffle. On souffre avec Myriam et Olivier. Puis, doucement, après la rage, ils se parlent, s’écoutent, expriment leurs doutes et transforment, grâce à Adèle, leur relation. Adèle qui est tout en discrétion et en écoute.

    Et même s’ils ne se mettent pas d’accord sur tout à la fin de la médiation. Ils sont d’accord pour accepter ce qui les sépare sur leurs enfants. Car c’est aussi cela la médiation ! Ils sont maintenant devenus, grâce à la médiation, deux âmes distinctes qui réussissent à communiquer et espérons le à se reconstruire.

    Je vous le conseille !

  • La loi pour la réforme de la justice, les petits pas vers la généralisation de la médiation

    Il a fallu tirer les conséquences de la prochaine fusion des tribunaux d'instance et des tribunaux de grande instance. En effet, la loi n° 2019-222 de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice du 23 mars 2019, dont l'entrée en vigueur est fixée au 1er janvier 2020, tire les conséquences de cette fusion et étend l'obligation préalable de tenter une résolution amiable préalablement à la saisine du juge pour certains recours devant le TGI.

     

    • Généralisation de l'utilisation des modes alternatifs de résolution des différends

    La loi de réforme pour la justice du 23 mars 2019 permet à tout juge d'enjoindre les parties à un litige à rencontrer notamment un médiateur afin de les inciter à poursuivre un processus de médiation.

    Cette loi met, par ailleurs, en place une obligation de résolution amiable des litiges, préalablement à toute saisine du juge devant le tribunal de grande instance, pour les recours tenant au paiement d'une somme inférieure à un certain seuil ou relatifs à un conflit de voisinage. Un décret définira les modalités d'application de ces dispositions, surtout les matières entrant dans le champ des conflits de voisinage ainsi que le montant à partir duquel les litiges seront soumis à cette obligation.

    L'objectif des autorités, par cette généralisation de l'utilisation des modes alternatifs de résolution des différends, est de ne faire venir devant les juges uniquement les affaires pour lesquelles les parties n'ont pas su trouver de solution amiable. Ce dans un principe de bonne administration de la justice pour obtenir une diminution significative de la durée des procédures et du nombre d'affaires portées devant le juge afin d'alléger la charge de travail des juridictions.

    De plus, les solutions amiables sont plus facilement acceptées par les parties qui les auront élaborées.

    Toutefois, l'article 3 de cette loi permet à tout juge l'injonction aux parties de rencontrer notamment un médiateur qu'il désigne en toute étape de la procédure, y compris en référé, pour les informer sur l'objet et le déroulement de la procédure de médiation. Il ne s'agit là que d'une séance d'information, pas d'une obligation de processus de médiation.

    Il convient de rappeler que toute médiation ordonnée en cours d'instance a un effet suspensif.

    Le Conseil constitutionnel s'est prononcé dans une décision du 21 mars 2019 en précisant que s'agissant d'une condition de recevabilité d'un recours contentieux, il appartient au pouvoir réglementaire de définir la notion de « motif légitime » et de préciser le « délai raisonnable » d'indisponibilité du conciliateur de justice à partir duquel le justiciable est recevable à saisir la juridiction notamment dans le cas où le litige présenterait un caractère urgent. Sous cette réserve, le grief tiré d'une méconnaissance du droit à un recours juridictionnel effectif a été écarté.

     

    • Services en ligne de médiation, conciliation ou arbitrage

    Désormais, cette loi prévoit qu'une décision arbitrale pourra être rendue sous forme électronique sauf opposition de l'une des parties.

    Cependant, ces services en ligne de médiation ne pourront avoir pour seul fondement un traitement algorithmique ou automatisé des données personnelles.

    Si un tel traitement devait intervenir , les parties doivent en être informées par une mention explicite et doivent expressément y consentir.

    Les personnes physiques ou morales qui concourent à la fourniture ou au fonctionnement de ces services en lignes de médiation doivent accomplir leur mission avec impartialité, indépendance, compétence et neutralité.

    Il faut souligner que ces services en lignes pourront faire l'objet d'une certification par un organisme accrédité. Pour l'instant, rien n'est prévu sauf qu'il faudra la parution d'un prochain décret pour que cette certification soit accordée au service en ligne qui en fera la demande après vérification du respect des exigences légales.

     

  • La Skypemédiation ou l’efficacité de la médiation 2.0

     

    Mener une médiation par Skype avec son processus normal présente de nombreux avantages mais demande vigilance et sérieux.

     

    Désormais les familles, les voisins, les salariés, les patrons, les amis vivent à l’heure du numérique et des voyages. On est de plus en plus loin de chez nous, de notre famille, de nos biens et de plus en plus souvent. Nous sommes de plus en plus dispersés géographiquement.

     

    Et pourtant, les conflits viennent gripper le déroulement serein de cette vie et accentuer son tumulte.

     

    Le meilleur moyen de régler ces conflits restent encore la médiation car les parties pourront trouver la meilleure solution à leur conflit, celle adaptée à leur profil de vie grâce à l’intervention bienveillante du médiateur.

     

    Skype devient l’outil approprié de cette médiation. Les parties, dispersées pour différentes raisons, vont pouvoir grâce à l’expertise du médiateur, prendre du temps pour elles afin de recommencer à communiquer et avancer dans le règlement de ce conflit.

     

    Skype n’est pas qu’un outil de loisirs et de détente, c’est un outil de communication par excellence !

     

    Cette solution de médiation par Skype est fructueuse. Le médiateur procède par des entretiens individuels avec chacune des parties puis rassemble les parties en réunion(s) par visioconférence.

     

    Mais la réussite de cette médiation n’est possible que si certains principes sont réunis :

     

    -la confiance des parties envers le médiateur qui est impartial, neutre, indépendant et respecte le principe de confidentialité ;

     

    -les règles de communication ont été clairement exposées en début de médiation par le médiateur et expressément acceptées par les parties ;

     

    -le processus de médiation est respecté par le médiateur.

     

     Bien évidemment, la Skypemédiation nécessite un comportement opportun qui doit être mis en place au moment idoine par le médiateur.

     

    La Skypemédiation impose un strict respect des règles de communication tant par les parties que par le médiateur.

     

    La Skypemédiation est une véritable richesse en matière de communication alors pourquoi ne pas en profiter ?

  • Tu veux ou tu veux pas des écrits dans ta médiation ?

    Il y a 2 cas où le médiateur est en mesure de rédiger un écrit : à l’entrée et à la sortie de la médiation.

                    L’entrée en médiation

    Actuellement, il n’existe aucune obligation juridique de formaliser l’entrée en médiation par un écrit. Toutefois, les pratiques entre les médiateurs divergent. Pour les uns, un écrit contreviendrait au principe d’adhésion des parties qui acceptent la médiation. En effet, ces parties restent libres de quitter la médiation à n’importe quel moment sans justification ni sanction.

    L’idée même d’écrire qu’une personne s’engage dans un processus de médiation est contraire à ce processus même. N’oublions pas qu’une médiation correspond à la réhabilitation de la parole.

    Pour les autres, cet écrit apparait nécessaire pour fixer un cadre commun aux parties.

    Pour le médiateur, cet écrit permet, pourtant, de limiter la mise en cause de la responsabilité du médiateur en confirmant les principes du cadre et l’adhésion des parties.

    Cet écrit n’est pas négligeable dans la mesure où il va permettre de faire courir sans difficulté le délai de prescription en cas de volonté de recours devant le juge quand même. En effet, l’article 2238 du code de procédure civile permet la suspension de la prescription de l’action en cas de recours à la médiation à compter de la rédaction d’un accord écrit ou du jour de la première réunion de médiation.

    Le délai de prescription d’un minimum six mois ne recommence à courir qu’à compter de la date à laquelle soit l’une des deux parties soit les deux, soit le médiateur mette fin à la médiation.

                    La sortie de la médiation

    Aucun texte juridique ou réglementaire n’impose la rédaction d’un écrit en fin de médiation.

    Une médiation peut, par conséquent, se conclure par un accord écrit ou oral.

    Le médiateur n’est pas un expert juridique mais un expert de la relation. Il se focalise sur la relation elle-même.

                    Un support de la parole donnée

    Cet écrit ne constituerait qu’un support de la parole donnée entre les deux parties et une mise « noir sur blanc » du changement, le médiateur invitant les parties à réfléchir sur l’avenir de cet accord et sa possible homologation.

    En effet, le médiateur n’est en aucun cas le garant de l’exécution de cet accord ou de son homologation. Seules les parties doivent se responsabiliser et devenir les acteurs de leur propre changement.

    D’ailleurs, l’article 131-11 du code de procédure civile n’impose au médiateur qu’une simple information.

    Seules les parties peuvent marquer leur engagement en signant de manière manuscrite cet accord. Le médiateur qui reste un « accoucheur » de ce changement, en travaillant sur la relation des parties, ne fait qu’acter les points d’accord.

    Ce sont ces mêmes parties qui peuvent choisir de faire homologuer leur accord ; sachant que désormais une seule des parties peut saisir le magistrat pour faire homologuer cet accord établi par un médiateur. Le magistrat n’est pas lié par cet accord entre les parties.

    La décision de refus n’étant susceptible d’aucun recours.

                    Le nom de cet accord

    La qualification de cet accord a une importance cruciale sur le contrôle a posteriori que pourrait exercer le magistrat ; notamment s’il qualifiait cet accord de transaction, de contrat ou de compromis.

    Je pense que tout simplement l’idée de rédaction d’un compte-rendu de médiation ou d’un procès-verbal de médiation, listant les orientations dégagées par les parties et le médiateur au cours de la médiation est la plus satisfaisante pour les parties et le médiateur. Elle permet également aux conseillers (notaire, avocat…) d’exercer leur activité en négociant les détails par la suite ; chacun exerçant ainsi dans son domaine d’expertise (les uns sur la relation, les autres sur l’expertise juridique et financière).